lundi 20 février 2017

"Les Quiquoi et le bonhomme de neige qui ne voulait pas fondre" de Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec

Chronique du blog "A vos marques... Tapage !"



Les Quiquoi, qu’est-ce ? Sous cette appellation se cache une bande d’inséparables copains qui ne manquent pas de bagout et encore moins d’imagination : Olive, Pétole, Pamela, Boulard, Raoul et Mixo. Dans cette nouvelle aventure, tout commence par une œuvre d’Olive qui se lance dans la peinture. Mais le ciel qu’il peint est tout gris … Et voilà, c’est parti pour un bon gros délire ! Les enfants imaginent le froid, les flocons qui commencent à tomber et décident de faire un bonhomme de neige. Pas de carotte pour le nez ? Une banane fera l’affaire et ça tombe bien, Mixo en avait prévu une pour son goûter ! Il est plutôt classe, ce bonhomme ! Les enfants le baptisent Bernulf. Pourquoi ? Pourquoi pas ! Mais le soleil revient et Bernulf fond à vue d’œil… Vite, il faut l’amener à la montagne !!! Poursuivis par une marmotte enragée ( !) les enfants se réfugient dans une grotte … Et tombent nez à nez avec Jérôme, l’abominable gnome des neiges (bien moins effrayant que la rumeur le suggère !) Tout le monde se met d’accord pour laisser Bernulf au frais et aux bons soins de Jérôme… Olivier Tallec et Laurent Rivelaygue nous embarquent avec ce délicieux petit album dans l’univers d’une cour d’école, où une tenue de superman fait vraiment voler, où les cagoules grattent et où tout est possible ! Dessins trognons et expressifs, dialogues savoureux, les aventures de leur Quiquoi sont irrésistibles de drôlerie ! J’adore !!!

mardi 14 février 2017

"Le monstre du placard existe et je vais vous le prouver !" d'Antoine Dole et Bruno Salamone

Chronique du blog La bibliothèque de Noukette



CHHUUUTTT… Il y a un monstre dans le placard de la chambre…! Pas toujours très discret d’ailleurs, un peu encombrant, un poil maladroit et bourré de drôles de manies. 

Rien à faire, il faut cohabiter avec ce voisin pas banal. Même si à cause de lui on se fait accuser de tout un tas de bêtises dont on est évidemment pas du tout responsable…

Le bazar dans la chambre ?

C’est lui !

La mystérieuse disparition des pulls qui grattent de mamie ?

C’est encore lui !

Les traces de chaussures boueuses sur le beau tapis du salon !

Lui bien sûr !

La salle de bains transformée en piscine ?

A votre avis ?

Et la veilleuse la nuit pour dormir, promis, juré, c’est lui qui a peur du noir…

Qui oserait encore douter de l’existence du monstre qui a élu domicile dans le placard ? Comment expliquer sinon tous ces étranges phénomènes ? Qui d’autre pourrait être responsable de toutes ces chaussettes orphelines qui traînent ?

Adorable bête à poils, le monstre du placard fait étalage de tout son talent dans ces petites saynètes toutes plus réjouissantes les unes que les autres. Avec un bel aplomb, une bonne dose de mauvaise foi et un léger sourire en coin, le petit garçon canaille égrène toutes les preuves de son existence…

L’album chouchou du moment ! Antoine Dole fait une première incursion dans le domaine ô combien difficile de l’album pour enfants et c’est un sans faute ! Avec le talent d’écrivain qu’on lui connaît, il dépoussière la fameuse histoire du soir en y ajoutant un petit grain de folie tout bonnement jubilatoire, joli twist final compris. Son monstre facétieux ravira les petits lecteurs en herbe (et les grands !) qui n’auront aucun mal à se retrouver dans ce petit garçon tout aussi filou. Le duo avec l’illustrateur fonctionne à merveille. Sous les crayons taquins de Bruno Salamone, le monstre du placard prend vie sous des allures de gros nounours bonhomme au sourire malicieux et communicatif. On en mangerait…! De quoi retrouver instantanément son âme d’enfant… ♥

mardi 31 janvier 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit

Article du blog D'une berge à l'autre


Il a tout préparé : cinq bassines, des grandes serviettes de plage, des draps de rechange, des bouteilles d’eau, des chaussettes en laine, du riz, des médocs. Le chien est au fond du jardin, les parents absents pour plusieurs jours. Arthur est opérationnel, il va pouvoir accueillir sa grande sœur So à la maison. Quand elle sera là les choses sérieuses pourront commencer. Une épreuve terrible à surmonter, usante, aussi difficile à vivre physiquement que nerveusement. Mais puisque So semble enfin décidée à franchir le pas, il se doit de l’accompagner, de la soutenir, de l’aider. Comme il peut.

Arthur et So. Le Ying et le Yang. Quatre ans d’écart. Lui le premier de la classe, programmé pour avoir son bac avec mention « très bien » à la fin de l’année. Elle la sauvageonne, la rebelle, l’incontrôlable, la menteuse, la voleuse. Elle que son père a foutu à la porte parce que ce n’était tout simplement plus possible.

Une histoire de fratrie sombre et bouleversante. Une histoire d’entraide et de soutien indéfectible, désespéré. Une histoire de retrouvailles. Une histoire qui laisse planer le doute sur sa conclusion, parce que dans certains cas rien n’est jamais définitivement gagné. 

Comme toujours dans cette collection un texte d’une seule voix (celle d’Arthur) à lire comme une longue lettre adressée à cette insaisissable sœur dont il ne cherche pas à comprendre ou excuser le comportement, mais qu’il ne juge pas non plus. Comme toujours dans cette collection les mots sonnent juste, l’intime n’est jamais voyeur et la dureté du sujet n’est pas une aubaine pour verser dans le tire-larmes. Comme toujours dans cette collection je referme le livre soufflé et admiratif.


Une pépite jeunesse que je partage évidemment (et comme toujours) avec Noukette.

vendredi 27 janvier 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit

Chronique du blog Les petites madeleines

"Arthur est un bon élève, sérieux, appliqué, discret. Il rêve de devenir médecin. Ennuyeux à mourir, dirait sa grande soeur, So. So, elle défie le monde, elle n’a peur de rien. Alors quand elle revient un beau jour, après des années sans nouvelles, et demande à Arthur de l’aider, il ne peut pas refuser. Ils vont profiter de l’absence de leurs parents pour que So fasse une désintox à maison, “à la dure”. Pas de clinique, pas d’aide extérieure. Juste Arthur et du courage. Six jours vont s’écouler, pendant lesquels ces frère et soeur vont s’épauler, souffrir, se haïr parfois. Mais surtout se retrouver, après de longues années loin l’un de l’autre."

"D"une seule voix", c'est un format de souffle court, une énergie et des thématiques fortes. C'est la collection des quasi-nouvelles, et l'assurance d'un texte avalé "cul-sec", quitte à être chamboulé au passage. Avec ce récit de Rachel Corenblit, on est plongé immédiatement dans une ambiance tendue. La descente d'une grande sœur en manque qui veut résister, la détermination et le courage d'un frère qui va la porter de toute son âme, malgré le dégoût, malgré la rancœur. La forme exclut autant les longues réflexions que le happy-end développé, mais ces 64 pages suffisent largement à distiller l'amour fraternel, le courage, et l'espoir.

"A la dure" de Rachel Corenblit

Chronique du blog Les lectures de Lily


Petit roman de 80 pages, "À la dure" pourrait être qualifié de nouvelle.

L'histoire se déroule sur six jours (du lundi au samedi), deux adolescents, un frère et une sœur se retrouvent dans la maison familiale afin de mener une expérience commune, un changement de vie : un sevrage. En effet, Sophie a quitté la maison depuis quelques années déjà pour suivre un trafiquant de drogue, alors qu'il est arrêté par la police, Sophie se retrouve seule et perdue. Elle se tourne alors vers les siens, vers ses racines et plus particulièrement vers son jeune frèreArthur. Ils profitent tous les deux de l'absence de leurs parents, partis pour une semaine en vacances, pour réaliser ce défit.Un petit peu comme dans un journal, Arthur livre son quotidien qui tourne exclusivement autour de sa sœur. Il explique comment elle en est arrivée là, il parle aussi de lui, de ses souffrances, du manque de sa sœur qu'il a eu durant son enfance et de ses retrouvailles avec cette dernière. Il évoque également sa peur, peur qu'elle rechute, peur de la perdre à nouveau.



"À la dure" est un petit roman peu épais mais très intense. C'est un récit coup de poing qui ne manquera pas de vous faire réagir. J'ai découvert la plume de Rachel Corenblit à travers ce livre et j'en suis ravie. En tout cas, c'est plutôt pas mal de trouver ce genre de thème dans le rayon jeunesse !

mardi 24 janvier 2017

"Y a pas de héros dans ma famille" de Jo Witek

Chronique du blog Méli-Mélo de livres


Mo et Maurice Dambek, c'est le même petit garçon.

Le premier, c'est celui de l'appartement de la cité où on parle fort et souvent avec des gros mots au bout des phrases, et le second c'est celui de l'école où les mots sont bien plus corrects et le comportement qui va avec. Dans le premier monde, Mo fait ses devoirs dans la baignoire pour être tranquille et dans le second, il ne laisse rien paraître et donne le change.

Jusqu'ici il s'y retrouve et ne perd pas les pédales. Dans sa tête, c'est automatique : il switche sans problème. Ça se gâte le jour où sous couvert d'un exposé à faire, il se rend chez son ami Hippolyte Castang et là, c'est le choc : toute une galerie de photos de membres de la famille, qui plus est très connus et glorieux (médailles et tout le toutim) ébranle les convictions de Mo-Maurice. Et c'est peu dire ! Sa famille toute déglinguée lui saute à la figure comme une verrue purulente. Pas de héros. Que des zéros. Mais un album de famille va changer la donne et le garçon va aller de découverte en découverte et comprendre.

Voici une chronique familiale qui, certes si elle oppose deux mondes avec les clichés qui vont avec, apporte une réflexion intéressante sur les stéréotypes sociaux avec humour et justesse. Mais surtout, elle se place du côté de l'enfance qui toujours a une conscience très aiguë de ces différences quand elle commence à les percevoir. On le sait : l'enfance va toujours jusqu'au bout de son idéal.

Jo Witek va plus loin encore : elle y apporte un ingrédient essentiel, celui de l'intelligence du cœur qui est sans doute la principale richesse à développer et elle n'est pas toujours du côté qu'on croit.

J'ai aimé ce regard clivant qui part du langage d'abord pour ensuite partir du côté du culte de l'apparence et nous interroger sur ce qui fait la vraie valeur d'une vie.

Un roman drôle et profond et plein de rebondissements.