lundi 27 février 2017

"Ce que Zoé préfère" de Marine Tasso et Séverine Assous

Chronique du blog "Les petites madeleines"


Un album tendre et malicieux sur la listomanie !! Faites comme Zoé, lancez-vous dans les listes pour égayer votre quotidien....

"Zoé aime faire des listes. Sur des pense-bêtes colorés, elle écrit, dans le bon ordre, les noms de ses meilleurs amis du jour, de ses animaux favoris, de ce qu’elle déteste mais aussi et, surtout, de ce qu’elle préfère. À travers sa petite manie de tout lister, ce sont ses préoccupations, son univers de petite fille qui sont racontés et mis en images avec fantaisie."

Quelle belle idée de traiter l'amour des listes dans un album pour enfant ! Parce qu'on peut en faire sur tellement de choses, des petits riens anodins aux grands choix existentiels. Et l'imagination enfantine ne s'en lasse pas. La poésie et la tendresse sont au rendez-vous dans cet inventaire des listes de Zoé ! J'ai adoré le rendu graphique des illustrations de Séverine Assous, avec ces transparences de couleurs vives, cette tonalité presque rétro et son style que j'associe aux pubs et à la presse qu'elle illustre par ailleurs. Un joli album qui plaira aux petites demoiselles comme aux plus grandes ! ;)

"Le groupe" de Jean-Philippe Blondel

Chronique du blog "Les petites madeleines"


Et là je comprends encore mieux pourquoi j'aime tant les romans de Jean-Philippe Blondel...l'auteur observateur qui touche juste et simple à tous les coups...

...parce qu'ils "parlent vrai", tout simplement ! Ce roman polyphonique d'un atelier d'écriture au lycée, c'est une expérience qui pourrait m'arriver, sauf qu'il me faudrait une sacrée dose d'audace et de force pour accueillir de tels sentiments libérés par l'écriture. Les parcours de jeunes adultes qui se construisent et dévoilent leurs intimités et de surprenantes maturités, les adultes professeurs qui lèvent aussi le voile et partagent leurs belles faiblesses, les révélations de l'écriture sont puissantes et l'impact du collectif en accentue encore la force émotionnelle. 

"François Roussel, professeur d’anglais et écrivain, se laisse convaincre de monter un atelier d’écriture pour les terminales de son lycée. Il se demande tout de même qui cela pourrait bien intéresser. Et puis les premiers inscrits arrivent : Léo, Émeline, Nina… et même Boris, le rigolo de la terminale ES. Ils seront douze au total, dix élèves et deux profs, réunis une heure par semaine dans un monde clos pour écrire. Pour tous, c’est un grand saut dans l’inconnu. Les barrières tombent, ils seront tous au même niveau, à découvert. Un groupe à part. Avec des révélations, des révoltes, des secrets qu’on dévoile. Des chemins qui se dessinent…"

Même après ce prologue dans lequel l'auteur nous dévoile la genèse de ce texte, créé d'après l'atelier d'écriture qu'il avait mis en place avec une de ses collègues, (lui qui d'habitude ne mêle pas ces deux casquettes de prof/auteur), oui, même après j'ai douté. Je me suis demandée à quel point il avait retouché les témoignages des élèves, parce que quand même, ça tombe juste, ça sonne limpide et émouvant, ça touche au cœur, c'est beau, respectueux, presque trop parfait. Et puis quoi? Je douterais que des élèves en soient capables? Certainement pas, moi qui suis régulièrement bluffée par ce que peuvent déjà sortir mes collégiens. Je suis peut être jalouse d'une telle expérience forte et humaine avec des élèves. Parce que je sens bien la mise en danger, hors de la zone de confort des places bien délimitées profs/élèves. Et pourtant j'aime à les bouleverser, ces places et ces étiquettes. Alors tout simplement, après avoir refermé ce roman, j'admets que j'ai été encore une fois touchée en plein cerveau, que ce texte ouvre des portes, que je ferais bien de proposer plus d'écriture à mes élèves....je ne doute plus, je profite juste de ce joli partage de fiction réaliste, et de cette ode au pouvoir de l'écrit ;)

mercredi 22 février 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit"

Chronique du blog Méli-Mélo de livres



Arthur et Sophie, frère et sœur et pourtant si éloignés l'un de l'autre. Le premier sérieux au point de vouloir devenir médecin (et pour cause !), la seconde fantasque et droguée.Sophie décide de se désintoxiquer seule avec lui profitant de l'absence de quelques jours à la maison des parents. Et lui va la soutenir dans cette épreuve du mieux qu'il peut.Plus que du manque dans ses veines, on perçoit chez la sœur un besoin de se rapprocher enfin de sa famille après lui avoir causé bien du souci. 

Ces pages très fortes, même si elles ne disent pas tout, sont suffisamment lourdes de sens : bienveillance, entraide et haine s'y mêlent tour à tour. Une fin comme une lumière vers un avenir possible.

Une façon bien originale d'aborder les relations fraternelles : Rachel Corenblit maîtrise son sujet de bout en bout, comme toujours.

lundi 20 février 2017

"Les Quiquoi et le bonhomme de neige qui ne voulait pas fondre" de Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec

Chronique du blog "A vos marques... Tapage !"



Les Quiquoi, qu’est-ce ? Sous cette appellation se cache une bande d’inséparables copains qui ne manquent pas de bagout et encore moins d’imagination : Olive, Pétole, Pamela, Boulard, Raoul et Mixo. Dans cette nouvelle aventure, tout commence par une œuvre d’Olive qui se lance dans la peinture. Mais le ciel qu’il peint est tout gris … Et voilà, c’est parti pour un bon gros délire ! Les enfants imaginent le froid, les flocons qui commencent à tomber et décident de faire un bonhomme de neige. Pas de carotte pour le nez ? Une banane fera l’affaire et ça tombe bien, Mixo en avait prévu une pour son goûter ! Il est plutôt classe, ce bonhomme ! Les enfants le baptisent Bernulf. Pourquoi ? Pourquoi pas ! Mais le soleil revient et Bernulf fond à vue d’œil… Vite, il faut l’amener à la montagne !!! Poursuivis par une marmotte enragée ( !) les enfants se réfugient dans une grotte … Et tombent nez à nez avec Jérôme, l’abominable gnome des neiges (bien moins effrayant que la rumeur le suggère !) Tout le monde se met d’accord pour laisser Bernulf au frais et aux bons soins de Jérôme… Olivier Tallec et Laurent Rivelaygue nous embarquent avec ce délicieux petit album dans l’univers d’une cour d’école, où une tenue de superman fait vraiment voler, où les cagoules grattent et où tout est possible ! Dessins trognons et expressifs, dialogues savoureux, les aventures de leur Quiquoi sont irrésistibles de drôlerie ! J’adore !!!

mardi 14 février 2017

"Le monstre du placard existe et je vais vous le prouver !" d'Antoine Dole et Bruno Salamone

Chronique du blog La bibliothèque de Noukette



CHHUUUTTT… Il y a un monstre dans le placard de la chambre…! Pas toujours très discret d’ailleurs, un peu encombrant, un poil maladroit et bourré de drôles de manies. 

Rien à faire, il faut cohabiter avec ce voisin pas banal. Même si à cause de lui on se fait accuser de tout un tas de bêtises dont on est évidemment pas du tout responsable…

Le bazar dans la chambre ?

C’est lui !

La mystérieuse disparition des pulls qui grattent de mamie ?

C’est encore lui !

Les traces de chaussures boueuses sur le beau tapis du salon !

Lui bien sûr !

La salle de bains transformée en piscine ?

A votre avis ?

Et la veilleuse la nuit pour dormir, promis, juré, c’est lui qui a peur du noir…

Qui oserait encore douter de l’existence du monstre qui a élu domicile dans le placard ? Comment expliquer sinon tous ces étranges phénomènes ? Qui d’autre pourrait être responsable de toutes ces chaussettes orphelines qui traînent ?

Adorable bête à poils, le monstre du placard fait étalage de tout son talent dans ces petites saynètes toutes plus réjouissantes les unes que les autres. Avec un bel aplomb, une bonne dose de mauvaise foi et un léger sourire en coin, le petit garçon canaille égrène toutes les preuves de son existence…

L’album chouchou du moment ! Antoine Dole fait une première incursion dans le domaine ô combien difficile de l’album pour enfants et c’est un sans faute ! Avec le talent d’écrivain qu’on lui connaît, il dépoussière la fameuse histoire du soir en y ajoutant un petit grain de folie tout bonnement jubilatoire, joli twist final compris. Son monstre facétieux ravira les petits lecteurs en herbe (et les grands !) qui n’auront aucun mal à se retrouver dans ce petit garçon tout aussi filou. Le duo avec l’illustrateur fonctionne à merveille. Sous les crayons taquins de Bruno Salamone, le monstre du placard prend vie sous des allures de gros nounours bonhomme au sourire malicieux et communicatif. On en mangerait…! De quoi retrouver instantanément son âme d’enfant… ♥

mardi 31 janvier 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit

Article du blog D'une berge à l'autre


Il a tout préparé : cinq bassines, des grandes serviettes de plage, des draps de rechange, des bouteilles d’eau, des chaussettes en laine, du riz, des médocs. Le chien est au fond du jardin, les parents absents pour plusieurs jours. Arthur est opérationnel, il va pouvoir accueillir sa grande sœur So à la maison. Quand elle sera là les choses sérieuses pourront commencer. Une épreuve terrible à surmonter, usante, aussi difficile à vivre physiquement que nerveusement. Mais puisque So semble enfin décidée à franchir le pas, il se doit de l’accompagner, de la soutenir, de l’aider. Comme il peut.

Arthur et So. Le Ying et le Yang. Quatre ans d’écart. Lui le premier de la classe, programmé pour avoir son bac avec mention « très bien » à la fin de l’année. Elle la sauvageonne, la rebelle, l’incontrôlable, la menteuse, la voleuse. Elle que son père a foutu à la porte parce que ce n’était tout simplement plus possible.

Une histoire de fratrie sombre et bouleversante. Une histoire d’entraide et de soutien indéfectible, désespéré. Une histoire de retrouvailles. Une histoire qui laisse planer le doute sur sa conclusion, parce que dans certains cas rien n’est jamais définitivement gagné. 

Comme toujours dans cette collection un texte d’une seule voix (celle d’Arthur) à lire comme une longue lettre adressée à cette insaisissable sœur dont il ne cherche pas à comprendre ou excuser le comportement, mais qu’il ne juge pas non plus. Comme toujours dans cette collection les mots sonnent juste, l’intime n’est jamais voyeur et la dureté du sujet n’est pas une aubaine pour verser dans le tire-larmes. Comme toujours dans cette collection je referme le livre soufflé et admiratif.


Une pépite jeunesse que je partage évidemment (et comme toujours) avec Noukette.