lundi 20 novembre 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit

Chronique du blog La vie des livres


Un texte très court, comme le veut la collection, mais percutant et saisissant. Je ne sais même pas si je pourrais conseiller un seul titre de cette collection plutôt que tous. Ils sont parfaits pour les ados, pour aborder les sujets difficiles sans les moraliser ni même leur en mettre plein la tête, pour ceux qui n'aiment pas lire aussi parce que c'est rapide à lire et que la narration est faite de telle façon que ça touche toujours le lecteur. Je recommande donc celui-ci, mais également les autres de la collection, une fois encore.

« À la dure » raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur, proches par la force des choses... En effet, So est partie du cocon familial depuis plusieurs années mais elle revient du jour au lendemain pour demander à Arthur de l'aider à se sevrer. Pendant une semaine, ils vont traverser cette difficile épreuve tous les deux, en se détestant mais aussi en s'aimant plus que tout.

Grâce à ce court texte, l'auteure va droit au but. L'histoire commence avec le retour de So, alors que les parents ne sont pas à la maison, et on découvre donc très rapidement cette descente aux enfers aux côtés d'Arthur et sa sœur. Plus que tout, on découvre à quel point les liens fraternels sont forts car Arthur, trop jeune pour être dans cet univers, trop rangé, déteste ce qu'est devenue sa sœur mais il déteste aussi l'idée de la laisser tomber. Elle a besoin de lui plus que de quiconque et, malgré son jeune âge, il en est tout à fait conscient. Il n'a aucune confiance en elle, en son avenir, mais il ne veut qu'elle traverse cette dure épreuve toute seule.

La fin est assez ouverte, on ne sait pas tellement ce qu'il va advenir des personnages, tout est possible mais l'auteure ne va pas jusqu'aux détails. Elle va toujours droit au but, nous montrant bien ce que ressentent les personnages, nous faisant vivre cette douloureuse expérience avec eux.

Un court roman percutant, émouvant, touchant, qui fait réfléchir et ouvrir les yeux sur un sujet délicat et difficile.

mardi 14 novembre 2017

"Nightwork" de Vincent Mondiot

Chronique du blog Bob et Jean-Michel


C’est un Patrick de 21 ans qui nous raconte son histoire, celle qui a peut-être débuté lors de ce sauvetage de moineau sur le chemin du retour de l’école, mais qui a surtout commencé bien des pages plus loin, quand il fut cet adolescent gringalet accro aux jeux vidéo, que son frère était en prison et qu’il ne pouvait même pas compter sur sa mère alcoolique et au chômage. Il lui faudra un certain temps avant de nous révéler cet « élément perturbateur » qui va chambouler totalement sa vie et peut-être a-t-il bien fait de nous raconter tout cela avant, d’amener du contexte à ce qui va suivre, à ce qu’on ne manquera pas de penser de lui si on ne connaissait que cet « élément perturbateur » ?

Difficile de ne pas trop en dire sur ce magnifique roman ! Vincent Mondiot dresse le portrait d’un jeune garçon qui ne demandait qu’à être aimé et s’est retrouvé à n’être qu’un ado égoïstement transparent et malingre avec pour seul espèce d’amour la protection d’un demi-frère. Et pourtant, on s’attache à Patrick, à sa volonté de se rappeler le bon en lui et dans sa famille, de rêver ce jeu vidéo qu’il s’imagine concevoir lorsqu’il sera plus grand, et de penser à son avenir, se débarrasser des mauvais souvenirs. Le jugera-t-on pour cet acte unique qui a bouleversé sa vie ? C’est toute la question qui hante Patrick alors qu’il nous déroule le fil de ses pensées. Et c’est tout le talent de Vincent Mondiot de nous proposer avec justesse et sincérité de découvrir l’histoire de Patrick, ses longues journées au collège et les soirées plus longues encore avec cette mère quasi-folle, son amitié improbable avec une fille qui cumule comme lui les tares attitrées de têtes de turc et l’espoir qu’un frère rentré de prison sera capable de tout arranger. Un roman touchant, poignant, pour sa franchise, son authenticité et pas du tout pour une volonté de nous apitoyer sur le sort d’un pauvre gars. Patrick est un personnage qui marque, tant dans son apparente adolescence toute en autocentrisme dont il finit par avoir parfaitement conscience que dans sa décision finale, qui le marquera lui à tout jamais. Un très beau roman !

lundi 13 novembre 2017

"Nightwork" de Vincent Mondiot

Chronique du blog Les papotis de Sophie


Patrick, 14 ans, fan de jeux vidéo, cohabite avec sa mère, alcoolique et dépressive. Régulièrement les cris et les coups pleuvent. Il attend avec impatience la sortie de prison de son frère ainé, dealer dans la cité. Au collège on le harcèle au quotidien, on l'humilie. L'adolescent subit en silence, il a une amie qui partage sa passion des jeux vidéos et se contente de ce petit bonheur. Mais tout va déraper...

Un récit cauchemar qui nous remue tant la vie de Patrick sonne juste. Combien d'enfants vivent ainsi, le ventre perpétuellement noué de terreur, victime de violences régulières dans le silence. Heureusement, il y a aussi une dose d'humanité avec le grand frère qui protège maladroitement le plus jeune et avec Mégane, l'amie fidèle, qui offre son amitié sans rien et c'est précieux. Une plume à suivre.

"Nightwork" de Vincent Mondiot

Chronique du blog Livres à profusion


A 14 ans, Patrick a pris la décision la plus difficile qu’il soit, on pourrait dire une décision d’adulte mais certains adolescents se comportent en adultes, même s’ils ont besoin d’aide, d’être écoutés et guidés. Pour Patrick, il n’a eu aucun des trois. Maintenant qu’il a 21 ans, il pourra peut-être, enfin, vivre sa vie et ne plus dépendre de qui que ce soit, même si en dépendant de quelqu’un qu’on aime, on peut être seul. C’est ce que Patrick développe dans ce roman. Tout ce qui est arrivé jusqu’à la prise de décision. Je ne dévoilerai rien car je vous laisse lire ce magnifique roman, destiné aux adolescents. Mais les adultes y trouveront leur compte. Cela a été mon cas. Je lis pas mal de livres destinés à un jeune public. Il y a de très bonnes choses comme de moins bonnes. Mais je dois avouer que je me suis laissée prendre par cette histoire. L’auteur arrive à faire passer de nombreux messages. Je me suis également interrogée sur un passage également mais tout a été su à la fin.

On dit souvent qu’entre amour et haine, il n’y a qu’un pas. Est-ce de cette vie de petit truand qu’il veut ? Patrick aspire à autre chose. Pourtant, il adore son frère aîné, Abdel. Patrick et Abdel sont demi-frères car ils n’ont pas le même père. Ils vivent avec leur mère, une ancienne infirmière, devenue alcoolique. Abdel sera pratiquement toujours là pour son petit frère, pour l’aider, même s’il a passé six mois en prison. Car Abdel fait du trafic dans sa cité. De petit délinquant, il semble être passé à truand. Seul Patrick a tenu sa promesse de garder le silence, après ce qui est arrivé. Il ne s’en est pas ouvert à sa meilleure amie. Mégane. Est-ce pour cela qu’il a sauté le pas ? Patrick est un jeune adolescent vraiment seul. Les deux garçons ont-ils aimé leur mère ? Je ne le pense pas. C’est pour cela que j’ai été surprise par la réaction d’Abdel, à la fin.

C’est donc Patrick qui prend la parole, qui écrit. Il tente de se rappeler ses cours de français pour écrire une dissertation. Soit, commencer par une introduction pour arriver à l’élément perturbateur. Mais Patrick a tellement à écrire qu’il s’autorise quelques digressions. Le lecteur sent que ce n’est pas facile pour lui. Il a peur du jugement des autres. Dans les faits tels qu’en eux-mêmes, il ne se donne pas d’excuses, il a suivi le mouvement. Il n’a pas tenté de donner son propre avis. Mais il a expérimenté lui-même, en très peu de jours, que cela ne pourrait pas se dérouler comme il faut car ils étaient trop jeunes. Alors oui, il y a eu la peur d’être abandonné mais il est seul depuis tellement de temps avec une mère dont la présence est quasi inexistante. J’ai eu l’impression que Patrick ne cherchait pas l’apitoiement sur lui-même, sur ce qui s’est passé. Comme il le dit si bien d’autres que lui ont vécu des rejets à l’école, des coups, mais il est le seul à avoir vécu ce qui s’est passé ensuite. J’ai beaucoup aimé cette construction, ces tâtonnements d’adolescent lorsqu’il raconte. Il l’explique bien. Il ne sait pas si des faits se sont réellement passés ou pas, si c’était la bonne époque. Patrick l’explique bien. Chacun a sa propre interprétation, ses propres souvenirs. Alors, oui, il avoue cette solitude, mais au moment de son récit, sa solitude est encore plus grande car il ne peut rien partager. Cet écrit est peut-être un exécutoire, une façon d’en finir, une sorte de thérapie, même s’il n’oubliera jamais. Cela peut lui permettre de se reconstruire et d’aller de l’avant.

Dans ce roman, il y a toujours son jeu en filigrane, celui qu’il rêve de commercialiser. Il lui donne des scénarii, des atmophères. Mais il y a aussi tous les jeux sur consoles auxquels jouent pratiquement tous les adolescents. En parlant d’atmosphère, l’automne et le froid glacial qui arrivent se prêtent vraiment bien à ce roman, aux émotions ressenties par tous les protagonistes. Ce roman se lit très facilement, très rapidement pour un adulte. Le lecteur veut savoir vraiment ce qui est arrivé à Patrick, son cheminement de pensée. Il a maintenant 21 ans. Pourquoi le lecteur le jugera-t-il et en mal ? Personnellement, Vincent Mondiot a rendu Patrick très attachant, comme tous les personnages du roman, avec leurs forces et surtout leurs faiblesses.

vendredi 10 novembre 2017

"Crocolou fête Noël" d'Ophélie Texier

Chronique du blog Wonderbook


C’est le premier album Crocolou que je découvre, pour mon fils aussi (4 ans) et c’est un succès de notre côté ! Crocolou, mi-loup, mi-crocodile est le fruit d’un beau et improbable mélange ! C’est un petit personnage original, drôle et attachant !

Le gros plus de cet album et la raison pour laquelle j’avais beaucoup envie de le découvrir ce sont les rabats et les dorures. A chaque double-page nous découvrons l’un ou l’autre. Les dorures sont présentes pour les étoiles, les bijoux… et les enfants adorent les toucher ! Quant aux rabats, ils invitent l’enfant au rêve et permettent à son imagination de déborder ! Ils jouent un rôle crucial, à la fois ludique et amusant.

En somme, c’est un album à offrir ou à se faire offrir sans hésitation ! C’est aussi l’occasion de faire découvrir un nouveau héros à son enfant. Souvent c’est la première découverte qui donne envie ou non de continuer à lire les aventures d’un personnage alors, au vue de la qualité visuelle de celui-ci, n’ayez aucun doute !


jeudi 2 novembre 2017

"Mes amis monstres" de Pooya Abbasian

Chronique du blog Les lectures de Liyah


Voici un livre pour enfants très joyeux et coloré pour affronter les peurs des p’tits bouts.

Bien souvent, les enfants ont peur du noir et ils s’imaginent des monstres un peu partout dans leur chambre. C’est le cas de notre petit héroïne ici, mais heureusement, elle a son petit chat Jean-François à ses côtés pour l’aider à lutter contre les méchants monstres de la nuit.

Pour affronter les monstres, notre petit héroïne va se déguiser pour leur faire peur également, mais ce qu’elle souhaite vraiment c’est un jour trouvé la force d’être elle-même pour affronter ces créatures. Ce jour là, elle le sait, elle n’aura plus peur.


J’ai bien aimé cette histoire qui est pleine d’humour et de bonnes intentions. La chute de l’histoire se veut rassurante pour tous les enfants aui pourraient connaitre ce genre de peurs.

Ici, le texte est très court et il pourra plaire aux plus jeunes enfants, sans aucun problème.

J’ai beaucoup aimé les pages très colorées de ce livre pour enfants. Elles sont réalisées avec des couleurs très flash et pétillantes. J’ai bien aimé ce contraste de peurs de la nuit et des monstres qui est souvent un univers obscur.
Je pense que les enfants apprécieront beaucoup ces illustrations très joyeuses.

Un livre original à découvrir pour chasser les vilains monstres !